Nous condamnons les bombardements impérialistes-sionistes contre l’Iran, le Liban et d’autres pays de la région. Nous reconnaissons le droit de l’Iran à se défendre et à soutenir son peuple, sans fournir aucune justification ou soutien politique au régime fondamentaliste réactionnaire et répressif des ayatollahs. Nous appelons à une mobilisation internationale pour stopper Trump, Netanyahou et leurs complices.

Les États-Unis et Israël mènent une guerre réactionnaire brutale contre le peuple iranien. Jour après jour, ils bombardent des villes dans tout le pays. Trump et Netanyahou visent une fois de plus à détruire les capacités militaires de l’Iran, ses arsenaux de fusées conventionnelles, ses dépôts et ses vecteurs, ainsi que sa marine, et à détruire à leur tour tous les moyens d’acquérir et de fabriquer des armes nucléaires. Bien que la manière d’y parvenir ne soit pas claire, Trump a cette fois-ci ajouté un troisième objectif : le changement de régime.

Les attaques américaines et sionistes ont délibérément ciblé des représentants clés du régime iranien, en assassinant le guide suprême Ali Khamenei, le commandant des Gardiens de la révolution islamique (GRI) et d’autres hauts responsables politiques et militaires du régime islamiste. Dans le même temps, ils ont également tué des centaines de civils, dont des étudiants, autre exemple de ce qu’ils appellent les « dommages collatéraux ». Cette campagne militaire intense ne se limite évidemment pas à des « frappes chirurgicales », elle appelle la population iranienne à évacuer des quartiers urbains entiers situés à proximité de cibles militaires ou autres, telles que des stations de télévision. C’est ainsi que s’exprime « l’aide au peuple iranien », si les États-Unis et Israël, avec ou sans l’aide secrète de leurs alliés de l’OTAN et des États du Golfe, poursuivent leur objectif de changement de régime pour installer un régime fantoche pro-étatsunien et pro-israélien.

Ce n’est que le début. Trump a annoncé que nous n’avions pas encore vu le point culminant de la campagne militaire américaine et qu’une « vague massive » encore plus importante allait bientôt commencer. Il n’exclut même pas l’envoi de troupes au sol, bien qu’une telle aventure impérialiste soit probablement une autre menace de Trump, et pas tellement une perspective probable. L’armée américaine n’a pas (encore) rassemblé de troupes dans la région pour mener une invasion terrestre sérieuse. Tous les autres membres du gouvernement américain, tels que le vice-président J. D. Vance ou le ministre des affaires étrangères Marco Rubio, excluent actuellement une telle invasion.

Mais compte tenu des objectifs américains et israéliens et de la logique interne de l’évolution de la guerre elle-même, une telle évolution ne peut être catégoriquement exclue, à moins que le régime ne s’effondre ou ne se rende sans condition.

Quoi qu’il en soit, la guerre a déjà dépassé le stade de l’agression impérialiste contre l’Iran. L’armée israélienne mène une nouvelle attaque massive contre le Liban sous prétexte de détruire enfin le Hezbollah, bombardant quotidiennement le pays, y compris Beyrouth, et menaçant même d’une invasion terrestre. Les États-Unis tentent d’entraîner les États du Golfe dans les opérations offensives de leur campagne militaire. En bref, le conflit se transforme déjà en une guerre régionale visant à remodeler les rapports de force dans toute la région en faveur des États-Unis et d’Israël. Trump et Netanyahou cherchent à réduire tous les États de la région à des agents subalternes qui obéissent à leurs ordres. Un élément clé de cette stratégie est de donner à Israël une nouvelle carte blanche pour achever son génocide contre le peuple palestinien, malgré le soi-disant cessez-le-feu qu’il a régulièrement violé depuis octobre 2025.

Comme on pouvait s’y attendre, de nombreux États impérialistes occidentaux, malgré leurs débats et leurs divergences avec les États-Unis et Israël, finissent par se ranger derrière Trump. Ce soutien ne se limite pas au soutien diplomatique et politique, mais comprend également une aide directe ou indirecte. Alors que Trump se plaint et leur reproche de ne pas en faire assez, l’armée britannique a fourni un soutien logistique aux frappes aériennes contre l’Iran, tout en prétendant qu’il s’agit uniquement d’un soutien défensif. La France veut intervenir pour « protéger » les États du Golfe, tandis que l’Allemagne et l’Italie accueillent des bases aériennes américaines clés, telles que la base aérienne de Ramstein, afin de sécuriser les chaînes d’approvisionnement de la machine de guerre étasunienne.

Ces faits n’excluent pas l’existence de contradictions. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a opposé un « non » à la guerre, déclarant qu’il ne permettrait pas l’utilisation des bases de Rota et de Morón et refusant d’adopter une position de « suivisme aveugle et servile ». En outre, face aux menaces de Trump de rompre toutes les relations commerciales avec l’Espagne, Sánchez a obtenu la solidarité des autorités de Bruxelles, qui se sont déclarées prêtes à agir pour sauvegarder les intérêts de l’Union européenne. Pour sa part, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a salué lundi l’action militaire israélo-étasunienne contre l’Iran, tout en précisant que l’OTAN n’y participerait pas en tant que telle.

La Chine et la Russie, alliés politiques et économiques de l’Iran, critiquent l’attaque étasunienne et condamnent la violation du droit international. Mais ce n’est qu’une manœuvre cynique compte tenu de l’invasion réactionnaire de l’Ukraine par la Russie et des ambitions impérialistes mondiales de la Chine. Comme dans le cas du Venezuela, leur « soutien » se limite à des mots, car ils ne veulent pas défier les États-Unis au sujet de l’Iran, leur laissant de facto les coudées franches, ainsi qu’à leurs alliés.

L’aventure criminelle des États-Unis et de l’État sioniste risque de provoquer une conflagration régionale plus large avec des conséquences imprévisibles pour les travailleurs du monde entier : hausse des prix, instabilité économique et danger d’escalade. Elle souligne, une fois de plus, qu’il n’y a pas d’avenir pacifique ou stable dans ce système, mais qu’il doit plutôt être considéré comme une nouvelle explosion dans un monde marqué par la lutte pour la redistribution du monde, la crise économique et sociale.

Non à l’agression impérialiste et sioniste !

Il est du devoir de l’ensemble du mouvement syndical et de toute la gauche de dénoncer l’attaque réactionnaire contre l’Iran, le Liban et tout autre État ou force de la région qui est la cible de l’agression impérialo-sioniste. Nous devons organiser des actions de masse contre cette action criminelle et tous les gouvernements qui la soutiennent.

Une victoire israélo-étasunienne serait une défaite non seulement pour le régime iranien brutalement répressif, mais aussi pour la classe ouvrière et les opprimés en Iran, car elle renforcerait le contrôle direct du pays par l’impérialisme et le sionisme, et apporterait non pas la liberté et la démocratie, mais un gouvernement fantoche américain, soit sous un régime militaire islamiste ou pro-américain « réformé », soit même le retour d’une monarchie sous le contrôle des États-Unis.

Par conséquent, nous défendons le droit de l’Iran à résister à l’attaque, mais nous ne soutenons en aucun cas la République islamique, un régime archi-réactionnaire qui massacre ses propres citoyens. Nous soutenons les mobilisations de masse répétées des travailleurs, des jeunes et des femmes iraniens. En fait, la répression brutale de Khamenei et des gardiens de la révolution iranienne, qui a aliéné des millions de personnes, a servi d’invitation aux États-Unis et à Israël pour attaquer l’Iran, dans l’espoir d’abuser de la colère, de la haine et du désespoir du peuple pour renverser le régime.

L’attaque actuelle des États-Unis et des sionistes n’est pas un combat entre « démocratie » et « dictature islamiste ». Même le « ministre de la guerre » de Trump, Pete Hegseth, l’a clairement indiqué le 2 mars, lorsqu’il a déclaré qu‘ »il ne s’agit pas d’une guerre politiquement correcte » et qu’un« Iran démocratique » n’est pas l’objectif, mais « seulement » l’installation d’un régime favorable aux États-Unis. En d’autres termes, il s’agit d’une agression impérialiste visant à transformer le pays en un allié subordonné en vue de la restructuration de l’ensemble de la région. Par conséquent, tout État, quel que soit son degré de puissance, considéré comme un obstacle à l’imposition de cet ordre et au renforcement de l’État sioniste en tant que gendarme de la région, est une cible, quelle que soit la nature de son régime.

L’Iran entend résister aux agressions. Les contre-attaques contre l’État sioniste ou les bases militaires étasuniennes dans le Golfe sont des moyens légitimes d’autodéfense iranienne contre une telle agression. De même, le soutien du Hezbollah à l’Iran, les attaques des Houthis contre les navires se dirigeant vers le canal de Suez ou celles des forces chiites en Irak contre les forces d’occupation américaines sont une réponse justifiée à l’assaut américain. Nous devons rejeter le mensonge occidental selon lequel l’Iran et ses alliés ont étendu la guerre au Golfe ou à d’autres régions du Moyen-Orient. En réalité, les États du Golfe, avec leurs bases américaines et britanniques, soutiennent de facto l’attaque en fournissant une base militaire aux impérialistes ou en permettant aux États-Unis et à Israël d’utiliser leur espace aérien.

Mais si la défense militaire de l’Iran et de ses alliés est légitime, nous devons également être clairs sur le fait que l’agression américaine et sioniste ne sera pas stoppée ou vaincue uniquement par des moyens militaires. Nous devons construire un mouvement de masse international pour arrêter l’agression impérialiste et vaincre leur machine de guerre.

Cela signifie qu’il faut créer un mouvement pour bloquer les chaînes d’approvisionnement militaires de l’attaque. Nous devons lutter pour la fermeture de toutes les bases militaires américaines, pour la dissolution de l’OTAN et contre le soutien à la guerre par tous les États occidentaux ou du Golfe. Nous devons imposer un boycott total de tout soutien militaire, financier et économique à Israël. Et nous devons soutenir pleinement la lutte de libération palestinienne et la lutte pour un État socialiste en Palestine.

La lutte contre la guerre impérialiste contre l’Iran est également étroitement liée aux luttes sociales, économiques, démocratiques et antiracistes aux États-Unis. Les États-Unis attaquent l’Iran pour des raisons géostratégiques, mais aussi pour rallier le soutien de leur base à un Trump « victorieux » et aux Républicains, en dépit du fait que la majorité de la population américaine ne soutient pas la guerre. Par conséquent, la défaite de l’agression américaine – l’échec de l’installation d’un régime fantoche dans le pays ou la saisie de ses richesses pétrolières – affaiblirait l’impérialisme au Moyen-Orient, ainsi que les États-Unis eux-mêmes. Dans les États arabes également, l’union des travailleurs et des masses populaires contre l’agression et en solidarité avec la Palestine pourrait générer des mouvements de masse contre les impérialistes et les régimes réactionnaires et dictatoriaux.

Défendre l’Iran sans soutien politique au régime islamiste !

Nous défendons l’Iran et le peuple iranien contre l’agression impérialiste. Mais cela n’implique ni ne doit impliquer aucun soutien politique au régime ni aucune dissimulation de la dictature théocratique comme « anti-impérialiste ».

L’État capitaliste iranien, faible et en crise, a cherché à accroître son pouvoir régional. Le régime des mollahs l’a fait en soutenant des dictatures méga-réactionnaires comme Assad en Syrie ou en augmentant son influence en Irak, une conséquence involontaire des guerres réactionnaires américaines et du renversement de Saddam Hussein. Il s’est présenté de manière démagogique comme un partisan de la lutte de libération palestinienne, mais a en réalité évité toute confrontation avec l’État sioniste (ce qui n’a pas empêché Israël d’attaquer l’Iran). Et l’Iran s’est de facto détourné pour devenir une sorte de semi-colonie étroitement liée à la Russie et, sur le plan économique beaucoup plus important, à la Chine afin de contrebalancer les effets les plus dramatiques des sanctions imposées par les États-Unis et l’Europe occidentale.

Le régime iranien est le résultat de la révolution iranienne contre le Shah, qui a été confisquée après sa chute par une contre-révolution islamique réactionnaire menée par l’ayatollah Khomeini. Cela n’a pas été uniquement le résultat de l’influence de la religion sur les masses iraniennes. C’était également le résultat de la trahison de presque toute la gauche, tant petite-bourgeoise que stalinienne, qui s’est subordonnée, au moment clé, à Khomeini. Ce fut notamment le cas du grand parti stalinien « Tudhe ». Au nom de la révolution par étapes (d’abord démocratique avec subordination à la bourgeoisie, dans ce cas islamique, puis socialiste), celui-ci a soutenu les islamistes. Le résultat, comme souvent dans l’histoire, a été que ni le socialisme ni la démocratie n’ont été réalisés. Les seules exceptions à gauche étaient les guévristes des « Fedayeen du peuple (minorité) » et les camarades trotskistes du Parti socialiste des travailleurs, ainsi qu’une avant-garde ouvrière organisée dans les « Shoras » (conseils d’usine) indépendants. Cependant, ces forces étaient trop faibles pour vaincre les komeynistes. Un régime contre-révolutionnaire s’est ainsi établi dans le dos de la classe ouvrière, des paysans, des femmes, des jeunes et des nations opprimées d’Iran, qui sont depuis lors brutalement opprimés par une dictature islamiste réactionnaire. L’Iran est une dictature cléricale extrêmement répressive, dont l’appareil répressif comprend même des forces fascistes telles que les milices Basij.

Les travailleurs, les femmes, les étudiants et les nations opprimées iraniens se sont levés à maintes reprises contre la dictature, que ce soit dans le cadre du mouvement Jin Jiyan Azadi ou, plus récemment, lors des grèves massives, des manifestations et des soulèvements de décembre 2025 et janvier 2026, qui ont été réprimés dans le sang, faisant des dizaines de milliers de morts, de blessés, d’emprisonnés ou de « disparus ». La classe ouvrière et les opprimés d’Iran n’oublieront jamais cela et, tôt ou tard, ils se soulèveront contre le régime.

Nous défendons l’Iran non pas à cause, mais malgré son régime réactionnaire. Seul le peuple iranien lui-même peut libérer la République islamique : les travailleurs, les femmes et les jeunes qui ont lutté contre ce régime au prix d’énormes sacrifices. Nous sommes solidaires sans réserve de leur lutte contre les mollahs, contre les monarchistes et contre les bombes et les sanctions impérialistes qui renforcent l’affirmation frauduleuse du régime selon laquelle il est le défenseur de l’Iran contre le sionisme et l’impérialisme.

Le mouvement ouvrier international est le seul allié constant de la lutte du peuple iranien pour la démocratie et l’autodétermination. En défendant l’Iran contre cette guerre d’agression, nous ne soutenons pas la dictature cléricale ; nous agissons en solidarité avec la juste lutte du peuple iranien pour déterminer son propre avenir, libre du chantage impérialiste.

Tout en rejetant l’agression impérialiste, les révolutionnaires doivent se préparer aux luttes et soulèvements futurs contre le régime islamiste. Cela signifie lutter pour créer une force politique, un parti révolutionnaire de la classe ouvrière, dans des conditions de répression massive et d’illégalité, qui puisse donner le ton aux prochaines explosions politiques afin d’empêcher une nouvelle répression ou des forces pro-impérialistes telles que les Pahlavi de profiter de la situation. Un tel parti doit tirer les leçons des erreurs du passé et construire une organisation sur des bases politiques claires et un programme de révolution permanente, afin de relier les revendications démocratiques à la lutte pour un gouvernement ouvrier et le socialisme.

Pour un mouvement international contre l’agression et la guerre impérialistes !

L’attaque actuelle pose la question de la construction d’un mouvement international de masse contre les attaques impérialistes au Moyen-Orient et contre le génocide continu en Palestine. Ce mouvement doit être fondé sur des slogans clairs :

Bas les pattes sur l’Iran ! Défaite à la guerre des États-Unis et du sionisme !

Non aux attaques contre le Liban !

Stop au génocide ! Soutien à la lutte de libération palestinienne !

Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et leurs alliés doivent se retirer du Moyen-Orient !

Fermeture de toutes les bases militaires américaines et de leurs alliés.

Sanctions ouvrières contre les bellicistes !

Toute notre solidarité avec le peuple iranien !

Aucun soutien politique au régime dictatorial des mollahs !

Pour le droit à l’autodétermination, jusqu’à la séparation, pour tous les peuples d’Iran. Pour leur libre unité dans une fédération socialiste de la région !

L’agression états-unienne et sioniste peut être vaincue si nous construisons un mouvement ancré dans les lieux de travail, les communautés, les écoles et les universités. Nous appelons tous les partis de la classe ouvrière, aux mouvements étudiants et féministes et aux syndicats à unir leurs forces contre la guerre, à suivre l’exemple des syndicalistes italiens et d’autres qui ont organisé des grèves massives en solidarité avec la flottille Global Sumud à l’automne 2025, en organisant des manifestations massives, des blocages et en reprenant la grève pour mettre fin à la guerre.

Au sein d’un tel mouvement, nous soulignons la nécessité d’aller au-delà de l’action conjointe. Le système impérialiste conduit inévitablement à de plus en plus de guerres, de catastrophes sociales, économiques, environnementales et politiques. Il est devenu urgent de lutter pour une perspective révolutionnaire et socialiste au Moyen-Orient et dans le monde entier. Cela soulève la nécessité d’une nouvelle internationale révolutionnaire, regroupant et unissant les révolutionnaires sur la base d’une perspective commune et d’un programme révolutionnaire. La LIS et ses sections sont engagées dans cet objectif.

Ligue internationale socialiste (LIS)