C’EST MAINTENANT ET AVEC LA GAUCHE RÉVOLUTIONNAIRE
QUE NOUS ALLONS VERS UN NOUVEAU MOUVEMENT HISTORIQUE
LES CHANGEMENTS QUE NOUS VIVONS ET LES TÂCHES DE LA GAUCHE
Dans un monde et un pays marqués par une forte polarisation sociale et politique, deux phénomènes se conjuguent pour contribuer à un changement de scénario. Milei s’affaiblit et perd le soutien de certaines franges de la population en raison de son programme de casse des droits sociaux qui fait que des millions d’entre nous vivent de plus en plus mal. Quant au péronisme, en tant que parti historique doté d’une base sociale populaire mais dont l’action dirigeante sert de pilier au régime bourgeois, il ne parvient pas à enrayer sa crise et ne fait que l’aggraver. Il a déçu des millions de personnes et est aujourd’hui en proie à l’échec, à la fragmentation, aux luttes intestines et à la perte de soutien au sein de la base ouvrière et populaire.
Il en résulte une avancée politique de la gauche qui, organisée au sein du Front de gauche-Unité, apparaît de plus en plus comme une alternative à toute cette vieille politique. Les sondages attribuent à des figures de proue telles que Myriam Bregman des taux de soutien en constante progression, tandis que d´autres figures publiques du FIT-U comme Cele Fierro, Alejandro Bodart et Ana Paredes Landman parcourent le pays, recueillant des soutiens et suscitant une sympathie croissante pour le projet de gauche que nous construisons. Une sympathie et un soutien à la gauche qui s’expriment dans les sondages d’opinion, lesquels reflètent le soutien social que nous rencontrons sur chaque lieu de travail et d’étude, dans les quartiers populaires et dans les luttes en cours, où, depuis la gauche, nous gagnons du terrain en tant que seule force qui apporte un soutien réel et constant à ceux qui descendent dans la rue pour revendiquer leurs droits.
Ce virage à gauche d’une frange importante de la classe ouvrière et de la jeunesse, conjugué à la perspective probable que la crise du péronisme ne s’arrête pas et que cela permette un bond en avant plus important de la gauche anticapitaliste et socialiste, nous impose la nécessité de transformer positivement nos outils politiques actuels, tels que le FIT-U, et d’ouvrir la voie à l’émergence de quelque chose de nouveau et de puissant : un grand parti révolutionnaire ou un mouvement capable de rassembler les partis préexistants, ou du moins ceux qui sont disposés à faire un pas stratégique et unitaire vers une organisation politique commune de la gauche révolutionnaire. Il s’agit de nous renforcer en tant que gauche face à la perspective probable de changements profonds et d’un bond en avant dans la lutte des classes, qui ouvrent l’opportunité et le défi historique de disputer le pouvoir politique du pays, et de gouverner pour la première fois depuis la gauche.
Que faisons-nous alors ? Comment continuons-nous à lutter contre l’extrême-droitier Milei jusqu’à sa défaite ? Que faisons-nous face à ceux qui nous proposent une voie à l’intérieur des structures et des logiques de ce système capitaliste décadent ? Que disons-nous aux milliers de personnes déçues par le péronisme et les autres forces traditionnelles ? Quel rôle le Front de gauche-Unité doit-il jouer dans cette situation ? Quel type de parti ou de mouvement devons-nous promouvoir, comment et avec qui le construisons-nous ? Si nous arrivons au pouvoir, quel programme allons-nous mettre en œuvre ? Comment peux-tu participer à toute cette aventure ? Sur ces questions et d’autres encore, nous t’exposons nos idées et nos propositions dans ce manifeste du MST au sein du Front de gauche-Unité.
UNITÉ DANS LA RUE ET COORDINATION DES LUTTES POUR VAINCRE LES LIBÉRAL-FASCISTES ET LES PATRONATS
Tout d’abord, il est clair que nous ne pouvons plus continuer à tolérer le gouvernement d’extrême droite de Milei. Chaque jour qui passe apporte une nouvelle attaque contre les droits sociaux et démocratiques des majorités travailleuses et populaires. Même s’il est affaibli, remis en cause et en perte de soutien social, nous ne pouvons pas le sous-estimer, et encore moins lui laisser du temps ou de l’espace, comme le fait la bureaucratie syndicale du péronisme, qui le laisse agir. Il faut l’affronter de toutes nos forces jusqu’à le vaincre et mettre fin à tout son programme. Milei et son gouvernement veulent rester au pouvoir et prétendent même se faire réélire. Nous voulons les chasser grâce à la force d’une lutte massive dans les rues. Sans attendre le calendrier électoral, il faut le vaincre le plus tôt possible.
Pour cela, nous devons promouvoir la plus grande unité d’action dans la rue, sans aucune forme de sectarisme, afin de garantir que nous soyons des millions à affronter le gouvernement.
Il est également essentiel de développer des politiques de front unique dans chaque lutte spécifique, comme l’ont fait les travailleurs et travailleuses du Garrahan, qui ont forcé la main au gouvernement en organisant des « Cabildos Abiertos » (assemblées ouvertes), des assemblées de masse à l’hôpital, des manifestations, des grèves, des mobilisations unitaires dans la diversité, en exigeant d’autres directions qu’elles soutiennent leur lutte et en menant différentes actions dans la rue. La lutte du Garrahan a été et reste un bon exemple de ce qu’il est possible de faire pour vaincre le gouvernement.

Aujourd’hui, alors que Milei et les organisations patronales continuent leurs attaques, nous devons soutenir chaque secteur en lutte. Nous devons leur apporter toute notre solidarité pour les aider à remporter leurs combats pour les salaires, des retraites dignes, contre les licenciements, pour l’aide sociale aux plus démunis et pour un travail décent, pour l’université et la science, pour une santé et une éducation publiques, gratuites et égalitaires, pour nos biens communs, pour nos droits démocratiques, de genre et de diversité. Depuis la gauche, en tirant parti des avancées que nous réalisons et du soutien social et politique accru qui se manifeste, nous devons jouer un rôle important pour mettre ces avancées et la sympathie de millions de personnes au service de ceux qui luttent, encourager chaque combat, contribuer à les unir, à les faire connaître et à susciter davantage de confiance et d’envie de descendre dans la rue, en nous opposant et en combattant la politique de passivité de toutes les bureaucraties.
Il n’y a pas de temps à perdre. Outre le soutien, il faut aider à coordonner ces luttes, car nous ne pouvons pas faire confiance à la vieille bureaucratie syndicale pourrie. Il faut prendre en main la lutte de chaque secteur social, en favorisant la mise en place de coordinations dans chaque ville ou région. De nouveaux espaces authentiques, ouverts et démocratiques, qui soutiennent réellement chaque processus de lutte en proposant des mesures qui unifient et dynamisent, qui rassemblent l’activisme ouvrier et populaire tout en respectant les décisions de chaque secteur en conflit, et en dépassant l’expérience limitée du Assemblée plénière du syndicalisme combatif (Plenario del Sindicalismo Combativo – PSC), un espace qui n’a joué aucun rôle positif dans aucun des processus de lutte les plus importants de ces derniers temps. (expliquer dans une note de bas de page)
Nous devons promouvoir des assemblées sur les lieux de travail et d’étude pour décider démocratiquement, ainsi que de véritables processus d’auto-organisation, susceptibles de se transformer en expériences de futurs organes de double pouvoir. Dans chaque syndicat ou centre étudiant que nous gagnons, il faut le transformer véritablement, sans reproduire les méthodes de la bureaucratie, mais en faisant appel à la base, au fonctionnement en assemblée et, surtout, en permettant à des milliers de personnes de décider réellement. Il faut également organiser les familles de travailleurs dans les quartiers populaires, de manière démocratique et contre les anciens appareils dirigeants, en soutenant la lutte pour un travail décent et pour l’aide sociale.
Et sur la base de ces actions de lutte et d’organisation, il faut continuer logiquement à exiger des bureaucraties syndicales des centrales qu’elles convoquent les manifestations et les grèves nationales nécessaires jusqu’à ce que le plan de Milei et des patrons soit vaincu. Il faut nous engager à construire une grande action politique, syndicale et sociale contre le plan de Milei et l’austérité de tous les gouverneurs. Une grande marche de la colère qui unifie et dynamise les luttes en cours.
NE PERDONS PLUS DE TEMPS AVEC LE PERONISME QUI DÉÇOIT
Outre la nécessité de vaincre le gouvernement actuel et tous les gouverneurs partisans de l’austérité, quel que soit leur parti, il faut ouvrir la voie à une alternative politique nouvelle et différente, qui rompe avec tous les schémas des expériences passées qui ont déçu et imposé l’austérité aux majorités, des expériences qui, depuis le pouvoir, ont été responsables de la détérioration des conditions de vie des grandes majorités et ont conduit le pays à ce désastre dont nous souffrons aujourd’hui.
C’est pourquoi, si nous voulons véritablement aller de l’avant et obtenir des changements positifs, avec un avenir pour nos familles, nous ne pouvons pas retomber dans les recettes ratées de ceux qui nous ont déjà gouvernés. Chaque fois que le projet de Milei commence à traverser une crise, les vieux politiciens et les anciens fonctionnaires partisans de l’austérité reviennent avec leurs promesses et leurs fausses solutions. Ceux-là mêmes qui, lorsqu’ils étaient au pouvoir, ont semé le chaos et ont ainsi ouvert la voie à l’émergence de cet indigne Milei, veulent désormais se présenter comme des sauveurs, demandant à nouveau qu’on les soutienne et qu’on vote à nouveau pour eux. Ce sont les mêmes qui, au cours de ces près de trois années de gouvernement libertarien, ont eu des députés et des sénateurs qui votent les lois du gouvernement, lui assurent le quorum, ou s’absentent des séances lorsque leur vote est décisif. Ce sont des représentants de vieux partis comme le PJ ou l’UCR qui ne servent ni à freiner l’extrême droite ni à la vaincre, ni au Parlement ni dans la rue, où ils ne font pratiquement rien contre Milei.

Nous voulons appeler des millions de personnes à construire quelque chose de nouveau, car c’est la seule façon d’éviter de tomber dans des pièges politiques qui ne mènent qu’à de nouvelles déceptions. Nous sommes sincèrement convaincus que s’il y a bien une chose qui est impossible, c’est que les solutions au manque de salaire, d’emploi, de logement, de santé ou d’éducation viennent de la part de ceux qui, chaque fois qu’ils gouvernent, imposent des mesures d’austérité et appauvrissent nos vies. On ne peut plus leur faire confiance. Les exemples passés et présents ne manquent pas pour montrer que rien de bon ne viendra des vieilles structures politiques qui ne représentent ni nos besoins ni nos revendications, ni nos aspirations au changement et à une vie digne.
Pour ouvrir la voie à quelque chose de nouveau, il faut partir de la prise de conscience collective qu’il n’y a pas de pire illusion que de croire qu’en faisant toujours la même chose, on peut obtenir des résultats différents. La vérité, c’est que ce n’est pas le cas. Nous devons lutter, vaincre et chasser Milei, sans pour autant soutenir la direction du péronisme ou d’autres vieux partis qui, s’ils gouvernaient à nouveau, nous feraient subir une fois de plus les conséquences de nouveaux ajustements pour satisfaire les capitalistes et le FMI. Le PJ, en particulier, est celui qui a le plus déçu, et il est aujourd’hui en proie à des querelles internes, des luttes de pouvoir et d’ego, tout en annonçant d’ores et déjà que s’il revient au pouvoir, il se montrera très modéré et conciliant envers les grands capitalistes et les puissants. Autrement dit, il reviendra au pouvoir sans toucher à leurs intérêts ni à leurs profits. C’est pourquoi, une fois de plus, il ne résoudra rien de ce dont souffrent les grandes majorités.
Nous savons que des millions de personnes sont déçues par tout cela et se demandent en même temps comment se débarrasser de Milei. Pour contribuer à ce débat, nous proposons une idée : nous pensons que ce ne sera pas en faisant appel à ceux qui ont permis son accession au pouvoir. Ce ne sera pas en apportant un soutien politique et électoral à ceux qui, s’ils gagnent, mettront en œuvre l’austérité et dont le seul résultat sera que, quelques années plus tard, un autre Milei ou un personnage encore pire revienne au pouvoir. Il est temps de chasser Milei en le battant dans la rue et en soutenant une nouvelle alternative de gauche. Il est temps de soutenir et de contribuer à la construction de quelque chose de nouveau, de grand, d’unitaire et de véritablement différent.
C’est l’heure de la gauche et d’un programme de fond qui élimine tout le pouvoir capitaliste et s’attaque aux intérêts des riches et des puissants. Ce que le PJ n’est pas disposé à faire, car il défend le capitalisme.
Pour toutes ces raisons, nous invitons des milliers de travailleuses, de travailleurs et de jeunes issus du péronisme à nous rejoindre et à prendre part, à nos côtés, à notre projet de gauche pour construire quelque chose de nouveau et de grand. Ici, ils ont leur place pour devenir les acteurs d’un nouveau mouvement historique, anticapitaliste et socialiste, qui surmontera toutes les déceptions passées. Un mouvement qui porte même haut les drapeaux historiques de la justice sociale, de l’indépendance économique et de la souveraineté politique, drapeaux abandonnés par la direction du péronisme et qui, aujourd’hui, ne peuvent être portés qu’au sein d’un programme de fond marquant une rupture anti-impérialiste et anticapitaliste, que seule la gauche est disposée à promouvoir.
LE FIT-U ET L’UNITÉ DE LA GAUCHE RÉVOLUTIONNAIRE : UNE CONQUÊTE ET UNE NÉCESSITÉ
Tout comme il est nécessaire de rejeter toute proposition menant sur des voies erronées et déjà empruntées, il est également indispensable de soutenir le renforcement de quelque chose de nouveau. Et si c’est nouveau, cela ne peut venir que de la gauche ; car nous sommes la seule force politique qui n’ait aucune responsabilité dans les désastres des gouvernements précédents ni de l’actuel. Dans notre pays, toutes sortes de plans capitalistes ont été mis en œuvre, mais jamais le plan de la gauche, qui est véritablement alternatif et opposé à tous les autres.
De plus, comme nous sommes confrontés à des intérêts très puissants de toutes les mafias capitalistes et de leurs partis, nous avons besoin de la plus grande unité possible de la gauche pour faire face à ce pouvoir. C’est pourquoi nous faisons partie du Front de gauche-Unité, nous apprécions sa construction unitaire qui dure depuis des années et nous souhaitons sa pérennité. Afin de contribuer à sa défense et à son renforcement, nous, au MST, proposons que le Front de gauche-Unité aille de l’avant et se transforme en quelque chose de supérieur.

Car s’il est positif qu’il existe un front électoral de gauche, il est en même temps limitatif que notre front ne dispose pas d’une stratégie commune pour agir dans la lutte des classes et dans tous les domaines de la lutte politique et sociale. C’est pourquoi nous nous battons pour faire du FIT-U un grand parti unifié de gauche, fonctionnant en permanence, où tout est débattu, où l’on cherche des accords pour agir sur tous les fronts et où l’on apprend à vivre avec les différences logiques qui existent. Et qui rassemble et intègre des milliers d’indépendants, de figures de proue sociales et d’intellectuels. Nous avons besoin de toutes ces forces au sein de notre front commun.
Aujourd’hui, défendre le Front de gauche, c’est lutter pour sa transformation et son évolution
Certains camarades, comme les dirigeants du PO et de l’IS, ne voient pas la nécessité d’une telle démarche et proposent que tout reste plus ou moins identique. Nous pensons que ce serait une grave erreur. D’énormes changements politiques sont en cours dans le pays et de plus en plus de nouveaux secteurs se tournent vers la gauche. Notre FIT-U ne peut pas répondre à ce processus massif en continuant sur la même voie ou en restant immobile. Si la réalité change, le Front de gauche-Unité doit lui aussi changer. Notre défi est de faire en sorte que notre front se dépasse et s’adapte à la situation. Qu’il évolue vers une organisation politique qui ne se limite pas au domaine électoral. Nous espérons que les partis du FIT-U qui ne voient pas cette nécessité réfléchiront à tout cela et s’ouvriront à l’idée d’aller de l’avant. Nous continuerons à insister car nous avons besoin de tout le monde et nous ne renoncerons pas à ce que l’ensemble du front avance vers une organisation unifiée qui porte la stratégie et le programme communs dont nous disposons déjà.

POUR UN NOUVEAU PARTI OU MOUVEMENT CAPABLE D’ORGANISER DES MILLIERS DE PERSONNES
Le Front de gauche – Unité, dont nous faisons partie et que nous apprécions, doit continuer à exister en tant qu’instrument d’unité de la gauche. Mais l’opportunité qui se présente nécessite quelque chose de bien plus grand et de bien plus puissant. Et à cet égard, un débat central porte sur l’instrument politique que nous pouvons construire. Dans une lutte contre tous les partis du système capitaliste, nous, les travailleurs et travailleuses, avons besoin de notre propre parti. Ce n’est donc pas un hasard si, depuis quelque temps, toute la gauche débat sur le type d’organisation politique à construire et avec qui le faire. Comme nous le disions, le FIT-U peut se transformer en un grand outil commun ou faire avancer cette construction, au moins avec ceux et celles qui, au sein du front, sont disposés à le faire avancer.
Pour nous, il s’agit concrètement d’oser forger un nouveau mouvement historique, cette fois-ci à partir de la gauche, qui dépasse définitivement l’expérience décevante du PJ et toutes les forces conservatrices du système. Pour y parvenir, il s’agit de promouvoir un grand parti révolutionnaire, un mouvement ou quel que soit le nom que nous souhaitions lui donner. L’essentiel est qu’il puisse rassembler des milliers de travailleurs et de jeunes, que nous puissions tirer parti du revirement d’une large frange de la population qui regarde la gauche avec sympathie, pour oser intégrer des milliers de personnes à cette nouvelle et puissante organisation politique. Nous vivons un moment où le débat ne porte pas sur la question de savoir si chaque parti de gauche actuel, de son côté, va croître un peu plus – cela va certainement se produire. Aujourd’hui, le défi est bien plus grand : la question est de savoir si, en nous mettant d’accord sur le plan politique et programmatique, nous pouvons construire ensemble un grand mouvement ou parti révolutionnaire, qui rassemble les meilleures expériences de chacun, en unissant les dirigeants, les cadres et l’ensemble des militants actuels aux côtés de milliers d’indépendants, d’intellectuels et de figures de proue de la société autour d’un projet commun.
Voici notre proposition : en partant du programme du Front de gauche-Unité — qui est tout à fait pertinent —, avançons vers la création d’un grand parti révolutionnaire ou d’un mouvement unifié de la gauche, capable d’intervenir dans toutes les luttes politiques et sociales, avec pour stratégie la révolution, le gouvernement des travailleurs et le socialisme. Un mouvement capable de rassembler différents partis préexistants ainsi que des milliers d’indépendants qui viendront le rejoindre. Qu’il fonctionne selon la méthode du centralisme démocratique, c’est-à-dire la plus grande unité pour débattre de tout de manière démocratique et approfondie, puis décider et agir ensemble avec toute la force et l’unité nécessaires dans la réalité. Par ailleurs, si ce parti doit être constitué de différentes organisations qui s’uniraient aux côtés de milliers de nouveaux militants, il faut également permettre, au moins à titre transitoire, l’existence de tendances ou de courants internes reflétant l’étape précédente, avec leurs positions, leurs accords, leurs divergences, leurs expériences et leurs actions militantes à travers tout le pays, sans que cela remette en cause le fonctionnement d’un parti centraliste démocratique qui débat en interne et collectivement, vote et décide d’une ligne politique déterminée face à chaque fait de la réalité, à la majorité et avec des minorités qui respectent cette réalité. Et comme nous provenons et faisons partie de différents regroupements internationaux, il devrait également y avoir, pendant une certaine période, un droit à la libre affiliation internationale, afin qu’il n’y ait pas d’impositions dans ce domaine internationaliste si nécessaire.
Nous échangeons notamment sur cette proposition avec les camarades du PTS, qui impulsent des comités en faveur d’un mouvement vers un parti de la nouvelle classe ouvrière. Nous leur avons fait savoir que le Congrès du MST avait voté en faveur de l’organisation de ces comités et de ce débat en vue d’un mouvement pour un nouveau parti, de manière unitaire ; cependant, jusqu’à présent, les camarades continuent de mener ces comités et ce débat de leur propre chef, ce qui affaiblit inutilement notre action, alors que nous pourrions les mener ensemble et avec plus de force.
Ils ont également fait valoir qu’il existe des divergences importantes qui empêcheraient la création d’un parti et d’une stratégie commune, et ils nous reprochent de minimiser ces divergences. Au MST, nous pensons qu’il ne s’agit pas de minimiser les divergences, mais de ne pas commettre l’erreur de faire passer ces divergences avant les grands points d’accord que nous partageons. Car la réalité est que nous avons bel et bien des accords stratégiques : la lutte pour un gouvernement des travailleurs et pour le socialisme. Nous avons bel et bien d’importants points d’accord sur le fond et le programme ; celui du Front de gauche – Unité que nous défendons et portons tous. Et de plus, nous menons actuellement ensemble des processus de lutte et de coordination au niveau régional. C’est dans ce cadre qu’il existe des nuances et des divergences, qu’il ne faut pas nier, mais débattre de manière saine et loyale.
Nous sommes convaincus que lorsqu’il s’agit de construire un grand mouvement ou un grand parti comptant des dizaines de milliers de membres, il y aura toujours des débats, des nuances et des divergences. Il est utopique de croire qu’on puisse bâtir un grand parti sur la base d’une sorte de pensée unique.

Pour le MST, l’impossible n’est pas de créer une grande organisation politique commune parce qu’il existe des différences ; l’impossible, c’est que, si cette organisation compte des milliers de militants, il n’y ait pas d’échange d’idées ni de débats entre majorité et minorité. Si l’on ne reconnaît pas cette réalité évidente, il nous semble qu’il ne sera jamais possible de construire une organisation capable d’exercer une influence sur les masses.
Au MST, nous croyons en la construction de cette grande organisation révolutionnaire comptant des dizaines de milliers de militants et nous sommes prêts à coexister avec d’importants accords stratégiques et de fond, des nuances et des divergences, car nous pensons que cette grande unité est nécessaire. Les dirigeants du PTS doivent enfin déterminer s’ils considèrent que cette unité, bien que possible, est indispensable ou non pour faire avancer le processus révolutionnaire dans notre pays, ou s’ils estiment pouvoir, à eux seuls, mener à bien des changements révolutionnaires sans avoir besoin de travailler en unité stratégique avec d’autres forces de gauche.
C’est là le débat décisif ; pour notre part, nous estimons qu’aucune des organisations actuelles ne peut à elle seule relever un tel défi ni saisir une telle opportunité, et que nous devons tous déployer les plus grands efforts pour parvenir à des accords loyaux et stratégiques. Nous espérons que nos camarades réfléchiront à ces questions et oseront construire ensemble une grande force politique révolutionnaire, ce qui constitue le seul moyen pour la gauche de progresser qualitativement. Au sein du MST, nous continuerons à insister sur notre proposition d’unité en vue de la construction d’un grand mouvement ou d’un grand parti révolutionnaire commun.
UN PROJET DE GOUVERNEMENT ET UN PROGRAMME POUR TOUT CHANGER
La possibilité d’un gouvernement de la gauche révolutionnaire – c’est-à-dire de nous, ceux qui militons pour un gouvernement des travailleurs – commence à faire l’objet de débats un peu partout, grâce aux avancées politiques en cours. C’est pour ça qu’il est crucial d’expliquer à quoi ressemblerait notre gouvernement. On ne parle pas de davantage de la même chose ni du remplacement d’un président par un autre. Ce n’est pas un problème individuel, mais collectif et de classe. À l’extrême gauche, nous avons des figures publiques et des dirigeants qui ont de l’expérience et un parcours solide, et qui donneront le meilleur d’eux-mêmes pour le gouvernement qu’on promeut à gauche : un gouvernement collectif, de la classe ouvrière et de ses véritables organisations de base.
Quand on parle d’un gouvernement des travailleurs et du peuple, on parle d’un projet de fond, qui s’appuie sur la mobilisation permanente des majorités de travailleurs et de la jeunesse, et qui, grâce à cette force mobilisée, va tout bouleverser, en finir avec ce système capitaliste décadent, démanteler ses institutions privilégiées, bureaucratiques et répressives, et va gouverner en mettant en place d’autres institutions vraiment démocratiques, celles que la classe ouvrière et le peuple décideront d’avoir et de promouvoir comme base sociale de leur propre gouvernement.

Notre gouvernement ne sera pas là pour faire comme avant, ni pour de simples réformes, ni pour cohabiter avec les vestiges de la structure politique, judiciaire et répressive du régime capitaliste actuel. Un gouvernement de la gauche révolutionnaire remettra en question et modifiera tout l’édifice politique, économique et social des classes capitalistes, de leurs partis et de leurs agents médiatiques. Il ouvrira la voie à la construction d’un régime de véritable démocratie ouvrière, en alliance avec les secteurs populaires, la jeunesse en situation de précarité et les étudiants: un régime vraiment démocratique où la classe ouvrière et le peuple décideront de tout sur tous les sujets.
Ce gouvernement que nous mettrons en place a un programme anticapitaliste et socialiste clair et bien défini. Et c’est le cas même si, depuis les officines médiatiques et idéologiques du pouvoir capitaliste et de ses partis, on voit sans cesse surgir des messages mensongers contre la gauche, qui essaient de convaincre la majorité des travailleurs que nous n’avons pas de propositions et que nous en savons que nous opposer. Rien n’est plus éloigné de la réalité. La vérité est justement le contraire du discours officiel du système ; la gauche anticapitaliste et socialiste, c’est nous, la seule force dotée d’un programme de fond et de véritables transformations politiques, économiques et sociales.
Nous sommes la seule force politique qui, si elle arrivait au pouvoir, prendrait des mesures rapides et urgentes pour commencer à résoudre les graves problèmes sociaux de notre pays, en s’attaquant aux intérêts de ceux qui ont le plus. Parmi nos nombreuses autres propositions politiques et programmatiques, nous te présentons ici 10 axes de notre programme et les principales mesures qu’un gouvernement de gauche, des travailleurs et des travailleuses, mettrait en œuvre en priorité. Un programme qui, comme on l’explique plus loin, s’inscrit dans une lutte internationaliste indispensable.

1 – Donner la priorité aux urgences de la population active
Pour ça, on va d’abord abroger et annuler toutes les lois anti-travailleurs et anti-populaires que ce gouvernement a mises en place ou votées au Parlement avec tous ses complices. En même temps, on va mettre en place une augmentation immédiate et généralisée des salaires, des retraites et des programmes sociaux temporaires.
* Aucun travailleur ne gagnera moins que le panier de la ménagère, calculé sur des chiffres de prix réels.
* L’âge de la retraite ne pourra pas dépasser 60 ans, tu auras droit à 82 % de ton salaire pour ta retraite et à une couverture sociale complète.
* L’argent nécessaire pour ça existe, mais aujourd’hui, ce sont les patrons multimillionnaires qui se le gardent dans leurs poches. C’est pourquoi nous mettrons en place des impôts permanents sur les grandes fortunes et supprimerons la TVA, l’impôt le plus régressif.

2 – Travailler tous, travailler moins
Nous réduirons la journée de travail à 6 heures, 5 jours par semaine, sans toucher au salaire, dans les 12 000 principales entreprises du pays, ce qui permettra de créer un million d’emplois qui pourraient être occupés par de nombreux jeunes, aujourd’hui au chômage et à la merci des réseaux mafieux.
* Et si les patrons invoquent la crise et ne respectent pas ces mesures : qu’ils ouvrent leurs livres comptables et qu’on vérifie leurs bénéfices. Et s’ils refusent quand même, que l’entreprise passe sous la responsabilité de l’État et de ses salariés.
* Ces mesures permettraient en plus de consacrer davantage de temps aux loisirs et à la créativité, et d’améliorer la qualité de vie.
3 – Honorer la dette envers le peuple, pas envers les vautours
L’Argentine est le pays d’Amérique latine qui doit le plus au FMI. Le mécanisme de la dette extérieure, c’est de la domination et de l’usure. Tous les gouvernements ont été des payeurs invétérés, mais on doit de plus en plus. Milei et Caputo continuent de nous endetter.
* Il faut rompre avec ce mécanisme étouffant, enquêter sur la dette pour prouver l’arnaque : que l’argent n’a jamais servi à répondre aux besoins de la population et qu’il a été entièrement détourné — comme dans le cas des 44 milliards de dette contractés par Macri et Caputo — ou utilisé pour gagner une élection — comme Milei — mais qu’il n’a jamais servi à répondre à aucun des besoins populaires.
* Prendre la décision souveraine de ne plus payer un peso de plus et de réaffecter cet argent à la dette sociale et à un grand plan de travaux publics : hôpitaux, écoles, routes et logements sociaux, pour en finir avec le chômage et la pénurie de logements.

4 – Renforcer la souveraineté nationale pour défendre ce qu’on a conquis
L’impérialisme va vouloir riposter, il a bien plus à perdre que nous : on peut déclarer un non-paiement souverain de la dette extérieure, qu’on juge illégale et illégitime, et s’ils veulent nous imposer des sanctions, nous saisirons tous les biens qu’ils possèdent dans notre pays. En même temps, nous pousserons et encouragerons les peuples d’autres pays à rejeter et dénoncer eux aussi leurs propres dettes, en soutenant leurs mobilisations contre ce fléau et en les coordonnant avec les nôtres.
* Un gouvernement des travailleurs va aussi reprendre le contrôle des leviers stratégiques, tant économiques que financiers, du pays, pour empêcher que les manœuvres hostiles internes et externes n’affectent notre économie. Dans ce but, nous nationaliserons le commerce extérieur. Ce n’est pas à cinq ou six entreprises de décider de notre avenir. Les bénéfices de ce qui est produit dans le pays doivent aller au peuple, pas dans les poches de quelques-uns.
* Nous nationaliserons les banques en créant un système bancaire unique pour mettre fin à la fuite des capitaux et à la spéculation. Et dès que possible, nous mettrons en place des mesures d’échanges solidaires face à d’éventuels blocus.
* Nous annulerons tous les accords et conventions militaires avec les puissances étrangères et fairons de la récupération de la souveraineté sur nos îles Malouines une priorité.
* Notre gouvernement défendra la souveraineté nationale au nom de la majorité du peuple et, en même temps, il adoptera forcément une perspective latino-américaine et internationaliste, car, face au siège et à l’hostilité des puissances impérialistes, nous proposerons une coordination horizontale avec les pays de la région qui nous permettra de compléter nos industries, nos technologies et nos sciences, tout en développant la perspective révolutionnaire à l’échelle latino-américaine et mondiale.

5 – Garantir la santé et l’éducation en tant que droits fondamentaux et défendre la culture
Milei s’en prend aux droits acquis. Il réduit le financement des universités, de la science, de l’hôpital Garrahan et des services aux personnes en situation de handicap.
* Nous, on veut le contraire : que tous les Argentins aient accès à la santé sans restriction et à l’éducation, de la petite enfance jusqu’aux études supérieures.
* Notre gouvernement va renationaliser le système éducatif pour en faire un système unique et entièrement public, et il va mettre en place un congrès pédagogique pour que ce soit la communauté éducative elle-même qui élabore démocratiquement les réformes nécessaires. Pareil pour la santé : fini la fragmentation et l’accès en fonction des moyens financiers : un système unique, public, universel, gratuit et de qualité, avec les investissements budgétaires nécessaires à son développement. On peut y arriver parce que ce sont les enseignants et le personnel de santé qui font tourner au quotidien ces systèmes en crise et qui savent comment les transformer : ils ont juste besoin d’être mis en avant pour prendre les décisions et diriger ces domaines prioritaires.
* Nous défendons la culture en tant que droit social des peuples et en tant que domaine indépendant de la logique capitaliste, contre les grandes entreprises de ce qu’on appelle l’industrie culturelle et leurs mécanismes de standardisation et d’aliénation sociale. On lutte contre l’expression la plus rance de la droite privatiste dans le domaine culturel, tout en se démarquant du modèle de nationalisation idéologique et de subordination au pouvoir, issu de l’expérience du péronisme en matière culturelle. Nous défendons une conception libre et indépendante de la production artistique et culturelle, en phase avec les luttes sociales et les causes justes de notre peuple. On se bat et on exige une politique publique de soutien à la production culturelle, en tant que nécessité et droit social des majorités, et on rejette toute ingérence esthétique, poétique et idéologique du pouvoir en place.

6 – Développer l’industrie et nationaliser les services avec un contrôle social
Le tout nouveau porte-parole présidentiel a dit que, si le gaz est cher, on n’a qu’à se couvrir. Il accuse la classe ouvrière de gaspiller, alors que les riches partent en hiver dans les Caraïbes et en été skier dans les Alpes.
* Fini les services pourris et hors de prix. Sous notre gouvernement, ils seront publics et contrôlés par les travailleurs et les usagers.
* Aujourd’hui, 50 % de la capacité industrielle installée n’est pas utilisée, alors qu’on importe même la nourriture. On a les infrastructures et la capacité pour produire à grande échelle. On fera appel aux scientifiques que le gouvernement de Milei expulse pour qu’ils mettent leur savoir au service de ce nouveau modèle de développement.
* On interdira par la loi les licenciements et les mises à pied ; toute entreprise qui ne respectera pas cette loi sera nationalisée sous le contrôle de ses travailleurs, pour que les emplois soient intouchables.
* Grâce à la nationalisation, on va récupérer les trains argentins. On va reconstruire le réseau national et les ateliers pour relier chaque coin de notre pays de manière économique, moins polluante et bien plus sûre.

7 – En finir avec la corruption, les mafias et l’appareil répressif
Le pouvoir judiciaire est machiste, classiste et élitiste ; il ne fonctionne que pour les riches et les puissants. Les prisons sont pleines de pauvres, tandis que les Adorni restent en liberté comme si de rien n’était.
* Avec nous, c’en sera fini des juges et des procureurs nommés à la va-vite. Tous seront élus au suffrage universel, avec des mandats limités et révocables, et des salaires équivalents à ceux d’un travailleur. Des fonctionnaires sans privilèges : qu’ils gagnent autant qu’une directrice d’école, qu’ils se fassent soigner à l’hôpital public et que leurs enfants aillent à l’école publique.
* Nous transformerons profondément la police. Aujourd’hui, l’insécurité est l’une des grandes préoccupations des Argentins, car la mafia est incrustée au pouvoir et fait partie intégrante du crime organisé, comme la traite des êtres humains, le trafic de drogue et les ateliers de démontage de voitures volées. Il faut démanteler et dissoudre cette institution corrompue et la remplacer par une autre à caractère préventif, pas répressif, dotée de mécanismes de participation et de contrôle social.

8 – Défendre les territoires, l’eau et la vie
Nous traversons la pire crise climatique de l’histoire. Milei la nie et livre les glaciers et les territoires aux grandes entreprises. Mais entre les négationnistes et les faux progressistes, il n’y a pas de clivage : les uns comme les autres ont promu ce modèle néocolonial de pillage.
* Sous notre gouvernement, les biens communs ne seront pas négociables. On interdira la méga-exploitation minière, l’agro-industrie, la fracturation hydraulique et l’exploitation offshore. On soutient l’autodétermination des peuples autochtones dans la défense et la récupération de leurs territoires ancestraux.
* Nous encouragerons une transition vers les énergies propres, basée sur l’expropriation des grandes entreprises du secteur et sur le contrôle public, par les travailleurs et les communautés. Une reconversion productive et professionnelle, dans le cadre d’une planification économique démocratique, qui garantisse tous les emplois.
* On nationalisera les transports selon cette même logique. Et on avancera dans une réforme agraire pour produire des aliments sains, accessibles et en quantité suffisante, en repeuplant la campagne et en planifiant démocratiquement toute la production.

9 – Mettre fin à l’oppression patriarcale
Le capitalisme patriarcal tire doublement profit de l’oppression des femmes et des personnes non binaires : pour nous exploiter au travail et pour nous assujettir aux tâches ménagères et de soins. C’est la source de la violence machiste qui fait un féminicide toutes les 31 heures.
* Notre gouvernement va s’attaquer à cette racine patriarcale en éliminant la surcharge de travail grâce à des crèches gratuites, des cantines et des laveries publiques, ainsi qu’à un partage équitable des tâches de soins avec des congés de naissance égaux pour les deux parents.
* Nous mettrons en place des programmes efficaces contre la violence de genre, avec un budget et un contrôle assurés par les organisations féministes, et nous appliquerons l’éducation sexuelle intégrale (ESI) avec une perspective de genre à tous les niveaux. On va favoriser l’intégration professionnelle effective des personnes trans et travesties dans tous les secteurs, public et privé, ainsi que l’accès sans restriction à des soins de santé complets et la pleine reconnaissance des identités trans et non binaires.
* En plus, on mettra en place des mesures concrètes pour encourager la participation des femmes et des personnes non binaires dans tous les domaines de la vie sociale et politique.
* Nous séparerons l’État de l’Église catholique et des autres religions.

10 – Activer la démocratie ouvrière et populaire pour tout décider
Ces séries de mesures doivent être mises en œuvre de toute urgence et sans délai pour sortir le pays de la crise. Sous notre gouvernement, ce sont les travailleurs et travailleuses qui décideront de tout, avec des instances pour participer et décider, dans chaque usine, école, hôpital et quartier populaire, des mesures à prendre. On va encourager la création d’organismes de la classe ouvrière, un nouveau cadre institutionnel pour que tout soit décidé et pour une meilleure organisation indépendante de la classe ouvrière, afin qu’elle puisse vraiment décider de tout au niveau local et lors d’une grande assemblée nationale ouvrière, populaire et paysanne dotée de pleins pouvoirs. Ces mécanismes démocratiques seront notre priorité.
* Dans ce contexte, on pourra, si nécessaire, lancer un processus constituant libre, démocratique et souverain, pour institutionnaliser toutes les mesures de changement structurel mises en œuvre par un gouvernement des travailleurs, des secteurs populaires et de la gauche.
* La démocratie des travailleurs remplit une double fonction : d’une part, elle est essentielle pour prendre les meilleures décisions ; d’autre part, elle est d’une importance vitale pour que ce projet soit maintenu et défendu.
Car contrairement aux autres transitions gouvernementales qu’on a vues jusqu’à présent, où le pouvoir passe entre des partis différents mais qui défendent les mêmes intérêts, dans notre cas, ce serait une transition vers un modèle et un système qui vont à l’encontre des intérêts dominants, et ça, ça ne plaît pas trop à ceux qui possèdent tout. Du coup, ils vont évidemment essayer de nous attaquer et de nous affaiblir, et notre plus grand atout, c’est la force qu’on tire du fait d’être la majorité organisée. C’est justement pour ça que la participation démocratique et la mobilisation pour défendre ce qu’on a conquis sont essentielles et stratégiques. Sachant que pour lancer et mettre en œuvre ce programme et cette stratégie, il est crucial de disposer de notre propre outil politique, avec des dizaines de milliers de personnes organisées. Nous t’invitons à te joindre à cette tâche.
L’INTERNATIONALISME : UNE NÉCESSITÉ ET UN OBJECTIF STRATÉGIQUE
Alors qu’on se bat pour mettre en œuvre ces dix axes programmatiques, combinés à d’autres tout aussi nécessaires, il est essentiel de comprendre que notre lutte stratégique ne se limite pas à nos frontières nationales et ne s’y confine pas. Aujourd’hui plus que jamais, on fait partie d’un combat international contre tous les anciens et nouveaux impérialismes, en s’opposant à leurs plans et à leurs conflits interimpérialistes qui reflètent leur soif de profits et de domination, au détriment des droits sociaux et démocratiques des peuples. C’est contre ces plans et ceux de tous les gouvernements capitalistes qu’on se bat partout dans le monde. Si, dans notre pays, nous, les travailleurs, arrivons au pouvoir, nous nous efforcerons de faire rayonner cet exemple du côté de la classe ouvrière, des peuples et de la jeunesse du monde entier, et appellerons à soutenir notre cause pour qu’elle se consolide pendant qu’on se bat pour la faire grandir, car le socialisme sera mondial ou ne sera pas.

C’est pour ça que notre projet stratégique a une perspective latino-américaine et internationaliste de bout en bout, parce que c’est l’unité avec les peuples frères et la classe ouvrière de notre continent et du monde entier qui va nous donner plus de force pour faire avancer ce gouvernement, pas seulement à l’intérieur de notre pays, mais en transmettant son exemple et ses enseignements à l’échelle continentale et mondiale.
Et pour la même raison, tout en construisant une organisation révolutionnaire en Argentine, on fait aussi partie de la Ligue internationale socialiste (LIS), un projet international révolutionnaire, anticapitaliste et socialiste qui se construit sur tous les continents du monde, sur la base d’un programme de fond et en regroupant les révolutionnaires autour d’une stratégie commune.

VOUS POUVEZ ÊTRE L’ACTEUR PRINCIPAL DE CETTE ÉPOUSE HISTORIQUE
Nous souhaitons vous adresser une invitation importante. Au sein du MST, nous ne vous demandons pas simplement de voter pour nous tous les deux ans ou de nous apporter votre soutien sur telle ou telle proposition. Ce n’est pas ce que nous recherchons. Nous apprécions que tu votes à gauche et nous t’invitons à continuer de le faire. Mais ce que nous voulons, c’est que toi et des milliers de travailleurs, de jeunes et de membres des classes moyennes vous joigniez à nous pour construire un formidable outil politique au service de la classe ouvrière et de la jeunesse. Nous ne voulons pas que tu te contentes de déléguer ou d’apporter ton soutien à distance ; nous voulons que tu en fasses partie intégrante.
Nous voulons t’inviter à t’engager aux côtés des militants du MST, à devenir un acteur de premier plan de cette lutte politique et de l’organisation anticapitaliste et socialiste que nous construisons dans tout le pays. Nous avons besoin de milliers de mains et d’esprits pour mettre en mouvement une immense force politique, en déployant les meilleures idées et propositions. Et pour cela, ton opinion et ton engagement comptent énormément.
Rends-toi dans les locaux du MST partout dans le pays. Participe aux assemblées, rencontres et réunions que nous organisons. Consulte Periodismo de Izquierda et le site de la Ligue internationale socialiste pour tout savoir. Emporte notre journal papier Alternativa Socialista et aide-nous à le diffuser partout. En résumé : engage-toi de toutes tes forces pour collaborer comme tu le souhaites et dans la mesure de tes moyens. Ici, tu trouveras un lieu de lutte, d’organisation et de construction politique collective avec la gauche. Nous t’attendons.









